Mason

Mason Ewing est un jeune créateur, styliste et écrivain né au Cameroun et ayant grandi en France. Maintenant que j’y repense, Mason ne m’était pas inconnu. En effet, je crois avoir aperçu à de nombreuses reprises, du contenu concernant son parcours.

Pour ma part, je l’ai rencontré il y a quelques mois lors d’une soirée d’anniversaire (quelle coïncidence). Nous avons échangé et j’ai trouvé son projet très intéressant. 

Il à alors accepté de se présenter à vous et de vous en dire plus sur ses activités. 

Bonjour Mason, peux-tu te présenter en quelques mots ? 

Bonjour Andie, je m’appelle Mason Ewing, je suis né le 9 avril 1982 à Douala (Cameroun), d’une mère camerounaise, juive et d’un père américain. J’ai mon Bac, j’ai fait des études pour être kiné et d’autres choses qui ne m’ont pas plu. Pour ce qui est du cinéma, je suis styliste-designer, producteur de cinéma, scénariste, chef décorateur et costumier. Sinon je suis aussi écrivain ; j’ai écrit mon livre autobiographique Les Yeux du Destin. Avec plusieurs auteurs, j’ai écrit des livres pour enfants. Depuis quelques jours, j’ai sorti une bande dessinée autour de mon logo que j’ai appelé Baby Madison.

Raconte-nous un peu ton parcours ?

Je t’avoue que pour cette partie-là, je ne suis pas spécialement fan, mais c’est tout simple.

J’ai perdu la vue à l’âge de 14 ans après avoir été maltraité par mon oncle et ma tante : Lucien et Jeannette Ekwalla. Pendant 8 ans, ils m’ont battu, brûlé, séquestré, mis du piment dans les yeux, sur le sexe. Un jour, quand j’avais 14 ans, je suis tombé dans le coma, j’y suis resté 3 semaines. Après avoir échappé à la mort, je me suis réveillé, mais mes yeux sont restés à jamais dans le noir. Après, j’ai subi beaucoup de choses par des familles d’accueils et foyers où j’ai été placé. Mais comme je précise aussi, dans quelques familles, j’ai trouvé le bonheur. A 19 ans, je me suis retrouvé à rue, sans papier et aveugle. Une horreur pour qui que ce soit sur cette Terre. En 2006, j’ai lancé la marque Madison Color. Puis j’ai décidé de me battre pour mes rêves en créant ma société Mason Ewing Corporation aux États-Unis.

Comment s’est déroulée ton enfance au Cameroun ?

Au Cameroun, je suis né d’un père et d’une mère qui m’aimaient. Malheureusement, au décès de ma mère, quand j’avais 4 ans, j’ai été élevé par mon arrière-grand-mère Élise, qui s’est occupée de mon éducation. Elle m’a apporté beaucoup d’amour. Au Cameroun, j’étais très heureux, j’avais des amis, des gens sur qui je pouvais compter et en plus, quand j’habitais à Douala, tout autour de ma maison, il y avait ma famille qui y habitait aussi.

Aujourd’hui, tu as perdu la vue alors que tu es né voyant. Comment se passe le quotidien d’une personne malvoyante ?

Effectivement, j’ai perdu la vue à l’âge de 14 ans. Je n’aime pas parler pour les autres personnes aveugles, mais moi, je le vis très bien, je suis très heureux. Avoir perdu la vue a été la plus belle chose qui me soit arrivée. Pour moi, mon handicap est une force et non un frein. Être dans le noir est une autre manière de vivre et de découvrir les choses. Je trouve que quand on est voyant, on passe devant toutes les choses qu’on ne remarque pas. Souvent, ce sont ceux qui ont la vue qui ont un handicap.

Parle-nous un peu de ta marque de vêtements pour enfants, Baby Madison ?

Tout d’abord, la marque de vêtements s’appelle Madison Color. C’est la toute première marque de vêtements au monde avec du braille, ce qui permet aux personnes aveugles de pouvoir reconnaître la couleur et la taille du vêtement au touché. Pour parler de Baby Madison, c’est mon bébé, ma mascotte, l’effigie de mon entreprise, Mason Ewing Corp. Baby Madison est un nourisson de 11 mois qui a la peau métissée, les yeux bleus bridés avec une mèche blonde, qui représente toutes les origines. Pour lui, il n’y a pas de race, pas de différence entre les humains, on est tous égaux. Baby Madison est né le 23 octobre à Jonathanland, en Californie. De plus, la collection Madison Color est accessible aux voyants et aveugles. C’est une collection homme, femme et enfant.

Quelle est la personne qui t’inspire au quotidien ?
Les personnes qui m’inspirent vraiment au quotidien, sont d’abord ma mère Marie. Après, je dirai beaucoup mes amis, mais il y aussi les personnes que j’ai côtoyé tout au long de mes voyages, les rencontres que je fais tous les jours dans la rue, dans le train. Il y a aussi la personne mystérieuse dont pour l’instant, je ne parle pas. Peut-être qu’un jour, mon parfum portera son prénom. Un bel hommage. Je n’en dirai pas plus, car j’aime laisser un peu de magie, de mystère dans l’air.

Quel est ton plat favori et pourquoi ?
Mon plat préféré, c’est le riz cuisiné à la manière africaine avec comme sauce un bon ndolé camerounais rempli de viande de bœuf et crevettes. Depuis que je suis venu au monde, c’est ce que j’adore le plus dans mon palais.

Quel est ton meilleur voyage ?
C’est quand je suis parti pour la première fois aux États-Unis, il y a plus de 10 ans. Ça a été magique. Quand je suis arrivé à New York, pour moi, c’était magique. Après, j’ai été m’installer à Los Angeles et là-bas, il m’est apparu une évidence, j’avais enfin trouvé ma Terre Promise. J’étais heureux qu’on m’accepte enfin avec mon handicap. Surtout, il y avait une chose que je recherchais dans ma vie d’Homme, le respect.

Enfin, quel conseil donnerais-tu à celui qui aimerait embrasser le même métier que toi ?
J’en ai plusieurs :
Ne jamais abandonner ses rêves.
Ne pas écouter les jaloux, même s’ils cherchent à nous détruire.
Surtout, persévérer, car c’est très dur. Mais quand on y croit, quand on s’en donne les moyens, tout peut être possible.
Dans le monde artistique, c’est très important de faire son réseau. Sans cela, aucune chance.
Surtout, ne pas oublier son humanité.

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