Braids, Caca-Cabrits, Vanilles, Légendes, Ti-Choux, Maré Tèt… Quelles sont les histoires qui se cachent derrière la chevelure des femmes Caribéennes et Africaines ?

 

Dans mon métissage, s’il y a bien quelque chose que j’ai pu observer, ce sont bien les différences culturelles. Comme vous le savez déjà, je suis d’origine caribéenne par mon père (Guadeloupe) et africaine par ma mère (Togo). Durant mon enfance, en ce qui concerne l’entretien de mes cheveux, je me souviens que mes parents n’étaient pas toujours du même avis. 

J’ai alors compris que tous les deux n’avaient pas la même perception des cheveux et que cela était dû à leur culture respective.

Ma mère, qui s’occupait de nos cheveux (ma sœur et moi), avait souvent tendance à nous coiffer à base de mèches h24 sur l’année, c’était une question de facilité et de normes. De plus, deux tantes paternelles s’amusaient à défriser toutes les petites filles de la famille, sous prétexte que les cheveux crépus n’étaient plus à la mode.

Ma sœur, moi et plusieurs de mes cousines, nous n’avons donc pas échappé à la case défrisage.

Puisque ma mère ne savait pas tresser, elle nous envoyait nous tresser chez des voisines ou des amies à elle. Oui, ma mère ne sait pas tresser… Et oui, il existe des femmes africaines qui n’ont pas appris à tresser ou du moins, qui ne sont pas expertes.

Donc, du coup, ma sœur et moi portions le plus souvent des mèches, et on aimait ça, même si on n’aimait pas s’asseoir des heures à se faire coiffer.

Cette éducation capillaire n’était pas forcément au goût de mon père, qui ne comprenait pas comment nous pouvions tenir avec des « chivé à l’état » cheveux de l’état en francais, sur nos têtes.

Mes tantes paternelles étaient souvent offusquées et disaient à ma mère « mais pourquoi tu leur fais toujours des mèches ? » ou « Laisse, leurs cheveux respirer un peu ! ».

Mon père était plus du genre à nous laisser avec deux, trois, quatre voir cinq grosses nattes sur la tête, avec toutes les fantaisies possibles : chouchou de couleurs vives, barrettes, perles, cercles… Tout simplement, car il a toujours vu sa mère ou ses sœurs en train de manipuler leurs cheveux de la sorte.

À l’époque aux Antilles, les femmes portaient beaucoup de choux, quelques nattes sur la tête, des maré tèt ou les cheveux lisses, via le peigne-chauffant. Par contre ma mère n’aimait pas du tout laisser nos cheveux crépus « à l’air » et répétait souvent que ce n’est pas comme ça qu’on l’a élevée en Afrique.

En effet, selon son éducation, une femme propre et bien coiffée, devait être tressée. 

Étant donné que j’ai énormément de femmes métissées africaines-caribéennes dans mon entourage, nous nous étions rendu compte que nous avions vécu cette même éducation, au cours de discussions :

« Ma mère, Guadeloupéenne, me coiffait en faisant des tresses avec mes cheveux. Elle les décorait avec des perles et des accessoires, comme beaucoup de mamans antillaises coiffent leurs filles. Pour mon père (congolais) je n’étais véritablement coiffée que lorsque j’avais des mèches, ou au moins des tresses collées très travaillées. Il a mis du temps à accepter que je ne veuille pas me coiffer avec des rajouts, mais uniquement avec mes cheveux. Je pense que capillairement parlant, le côté antillais l’a emporté » Barbara. M

J’ai alors mené ma petite recherche sur les habitudes capillaires des femmes caribéennes et les habitudes capillaires des femmes africaines. Car il faut savoir que les communautés noires se trouvent à divers endroits dans le monde, mais les habitudes capillaires (comme d’autres rituels) ne sont pas forcément toutes les mêmes.

Par exemple, les femmes aborigènes ont leurs propres rituels capillaires, pareilles pour les afro-maghrébines, les afro-asiatiques, les afro-américaines, les afro-latines…

Qu’en est-il des femmes Caribéennes ?

En ce qui concerne les femmes noires caribéennes, leur histoire capillaire est liée au continent africain.

Cependant, les afro-caribéennes sont d’abord les descendantes de femmes africaines déporté aux Amériques, et leurs habitudes capillaires ont complètement changé et évolué. Elles devaient s’occuper de leurs cheveux avec ce qu’elles avaient sous la main, mais aussi par rapport aux différentes formes de restrictions, imposées par l’autorité coloniale. Elles n’ont pas pu apporter ou reproduire complètement les traditions africaines liées à la coiffure, car les colons déracinaient au maximum les esclaves africains.

Lorsque les Africaines sont arrivés aux Amériques, elles n’ont pas eu le temps ni même eu les outils nécessaires, pour redonner vie à leurs cheveux meurtris, après une traversée transatlantique très éprouvante. 

Le traitement qui leur a été infligé durant cette traversée a juste été cruel. Car il ne faut pas oublier que les hommes et femmes africains sont restés enfermés durant des mois, dans des cales de négriers, dans des conditions inhumaines, ou il n’y avait aucunes ressources d’hygiène fiables. 

Elles ont eu d’abord du mal à s’adapter à ce nouvel environnement qui était inconnu pour elles, le tout dans un climat de violence et d’asservissement. La violence s’appliquait au niveau des travaux forcés, mais aussi des sévices corporels, dont on peut compter l’aspect esthétique. 

Non seulement, il y avait une certaine distance à prendre en compte, car maintenant, que l’Afrique était loin d’elles, il était difficile pour elles de perpétuer les pratiques ancestrales. Mais il y avait également, une certaine pratique des colons, de raser les cheveux des femmes noires dès leur arrivée sur les plantations ou de les obliger à camoufler leurs nuages sous des foulards. 

Mais elles n’avaient par exemple pas accès, aux mèches ou à tous ces accessoires qui ornaient leurs belles coiffures d’antan. 

D’ailleurs, il existe une légende qui plane sur l’histoire du marronnage au Surinam. Lorsque les esclaves africains étaient déportés vers ce territoire caribéen, la légende dit qu’une femme avait dissimulé dans ses cheveux crépus, quelques grains de riz, lorsqu’elle fut arrachée à l’Afrique. C’était une façon pour elle de s’approvisionner en nourriture au cas ou, car elle ne savait pas ce qui l’attendait.

Très vite, cette technique à été répandue dans la communauté, arrivée au Surinam, mais elle s’est particulièrement répandue dans la communauté des fugitifs du pays. Lorsque les femmes esclaves rejoignaient leurs hommes dans la forêt, elles dissimulaient du riz dans leurs cheveux, pour pouvoir ensuite les replanter en captivité. 

Cette technique affirme directement l’originalité, l’intelligence et l’instinct de survie que ces femmes avaient. 

Lorsqu’elles étaient encore sur la Terre-Mère, elles prenaient le temps de réaliser toutes sortes de coiffures avec leur mère, leurs soeurs, leurs cousines, ou leurs amies. Car la coiffure avait et a toujours une place importante dans les sociétés africaines. 

Toutes ces restrictions liées à la langue, aux croyances ancestrales, au style vestimentaire ou encore à l’esthétisme culturel. Tout cela ont fait que les descendantes ont dû recréer une nouvelle identité créole et caribéenne, sur un territoire qu’elles ne connaissaient pas. Ainsi, j’ai pu observer qu’aux Antilles, les femmes optaient bien souvent pour de simples petits chignons, qu’on appelle aussi en créole ti-choux ou caca-cabris et qui sont en réalité, ce qu’on appelle aussi les BANTU KNOTS.

Sur la première image, voici ma grand-mère paternelle il y a 30 ans. On peut observer qu’elle porte les fameux caca-cabrits, une coiffure qu’elle réalisait souvent, pour rester à la maison ou pour sortir. Sur la deuxième image, la chanteuse Raphaela Cupidin, d’origine guadeloupéenne par sa mère et ivoirienne par son père, porte également les caca-cabrits.

« Mes parents n’ont jamais vraiment été d’accord « capillairement » parlant. Ma mère guyanaise me coiffait toujours avec mes cheveux naturels, que ce soit chignon, pompom, nattes et tresses en journée et caca-cabrit (bantu knots) avant d’aller dormir. Pour elle, les rajouts étaient synonymes de casse et donc risquaient de mettre à néant tous les efforts qu’elle entreprenait, tous les week-ends, lors de ce fameux wash-day pour chouchouter mon afro. De plus, pour bien des raisons, ma mère n’aimait pas du tout l’idée que quelqu’un d’autre touche à ma tête. À contrario, mon père congolais considérait les rajouts comme partie intégrante de la coiffure et voyait même le tressage comme un moment de convivialité et partage entre femmes. Du coup, il suggérait souvent à ma mère de m’emmener chez telle tante/cousine ou dans tel salon de coiffure, réponse sans appel de ma mère ! La seule fois où mes parents ont été d’accord, c’est quand je me suis défrisé les cheveux. Ils y étaient tous les deux contre. Aujourd’hui, je suis en phase totale en jonglant avec la versatilité de mes cheveux et ces fameuses coiffures protectrices » Jess-Amélie S

Il y a aussi les deux, trois ou quatre tresses, simplement tressé avec leurs cheveux, et qui peuvent être porté à la maison par exemple. Elle est portée par les femmes comme les petites filles, et elle est aussi souvent portée par les femmes d’un certain âge.

 

Aussi, je peux constater que le port du foulard était très utilisé par les Antillaises de l’époque, c’est ce qu’on appelle le maré-tèt.

C’est une vielle tradition héritée de l’époque esclavagiste, ou les maîtres imposaient cela aux femmes noires qui travaillaient dans les champs. C’était pour cacher leurs cheveux qui suscitaient beaucoup de curiosité de la part des hommes blancs. Cette règle avait même été introduite dans un texte de loi (loi Tignon) …

Après l’abolition de l’esclavage, les femmes aux Antilles ont perpétué cette habitude. C’était alors devenu la coiffure de tous les jours : pour rester à la maison, aller faire des courses ou vendre au marché, aller au travail, participer à un évènement…

Au milieu, c’est une image que j’ai retrouvée de mon arrière-arrière-grand-mère paternelle. En effet, la femme au milieu était la grand-mère maternelle de la mère à mon père. Elle est née en Guadeloupe vers 1900 et ses parents avaient été esclaves. Comme vous pouvez le voir, elle portait un maré tèt, comme toutes les femmes guadeloupéennes de son époque. 

La maré tèt a ainsi été revisité par les Caribéennes, car bien que ce soit parti d’une restriction, elles se sont réaproprié la maré tèt comme un truc à elles, un truc entre femmes. Elles ont inventé un moyen d’expression à travers cet attaché de foulard, qui pouvait ainsi définir la femme qui le porte. 

Il existe donc plusieurs significations qui pouvaient indiquer si tu étais célibataire, si ton coeur était à prendre, si tu étais mariée…

Enfin, de ce que j’ai pu constater visuellement et des récits que j’ai aussi recueilli. À l’époque aux Antilles, la société obligeait en quelques sortes, les femmes caribéennes à dénaturer leur vraie texture et à plus se rapprocher du modèle occidental.

C’était mal vu de laisser ses cheveux « grainés » (chivé gréné en créole) et on recommandait aux femmes de se lisser les cheveux. Si ce n’était pas le défrisage, dans les sociétés antillaises, c’était surtout le fameux peigne chauffant.

La vraie texture crépue ou les tresses, renvoyaient à l’Afrique, ce continent si lointain mais si méprisé. C’était un racisme intériorisé et une forme d’aliénation imposée aux populations noires caribéennes.

Tout ce qui ne rentrait pas dans la norme occidentale et européenne, n’était pas accepté socialement.

 Qu’en est-il des femmes Africaines ?

En Afrique, les tresses sont beaucoup plus diversifiées, plus travaillé et plus culturelles. C’est tout un art qui s’exprime à travers des précisions et des multiples techniques.  

Tout d’abord, les premiers hommes sur terre qu’on appelait les homo-sapiens, étaient originaires d’Afrique et les femmes homo-sapiens, particulièrement arboraient la tresse. Ce qui fait que d’après les historiens et les recherches de préhistoire, la tresse est la plus ancienne coiffure au monde et propre au peuple noir.

Dans l’Égypte antique dont la population était nubienne (noire), la tresse était arborée dans de nombreuses castes, mais dont les significations étaient différentes. En effet, les tresses permettaient d’identifier ton rang social ou ta caste…

Elles se sont ensuite propagées dans l’ensemble de l’Afrique noire et elles marquaient aussi les différents évènements de la vie : mariage, baptême, décès…

Chaque ethnie africaine peut avoir ses propres coiffures, car il peut y avoir des tresses qui sont propres à un peuple, à un clan ou à une région. Comme pour les Caribéennes, les différentes coiffures africaines ont un grand pouvoir de séduction.

Par exemple, il existe plusieurs accessoires comme les parures, les colliers, les fils ou les perles, qui ornent les coiffures et dont les hommes ne restaient pas insensibles. 

Il y a également des accessoires comme les pierres ou les cauris (coquillages) qui font office de décorations ou de fantaisies, mais aussi de protection. En effet, dans les croyances africaines, il existe divers objets qui permet de protéger une personne, contre toutes sortes de malédictions (mauvais oeil). Ces outils s’expriment alors, même à travers l’art de la tresse. 

 

 

« Je suis afro-caribéenne, congolaise par mon père et martiniquaise par ma mère. Il est vrai que mes parents avaient une conception différente de l’entretien de mes cheveux. Ma mère était une partisane du cheveu crépu et de sa valorisation. Chaque week-end, nous avions un rituel, le samedi rimait avec soins capillaires, conceptualisation de nouvelles coiffures avec mes propres cheveux et utilisation des différentes gammes spécialement conçues pour cheveux crépus qu’elle avait pu acheter. L’entretien de mon importante masse capillaire était donc pour elle un plaisir, peut-être même une fierté. L’idée de me défriser les cheveux, ou d’ajouter des « faux cheveux », comme elle appelait les mèches, était inconcevable pour ma mère. La seule façon de me lisser les cheveux était l’utilisation du « peigne-chaud » qu’utilisaient nos grands-mères. Mon père, quant à lui, considérait les cheveux coiffés que lorsqu’ils étaient tressés avec des mèches. Il n’était pas rare durant mon enfance que je l’entende me dire « pourquoi tu ne vas pas te coiffer chez telle tante/telle cousine ? C’est plus joli, plus propre ». Aussi, à mes 14 ans, lorsque ma belle-mère congolaise a proposé de me défriser les cheveux, mon père y a été très favorable. Il y avait chez eux, comme un lien entre les cheveux crépus et un caractère “non présentable“ » Héloïse. B

D’ailleurs, de nombreuses chanteuses africaines, à renommée internationale, ont en quelques sortes été, des ambassadrices des coiffures traditionnelles. Car elles ne manquaient pas une seule seconde, de les arborer publiquement.

L’immigration Afro-Caribéenne en France (à partir des années 60)

Après la Seconde Guerre Mondiale, la France fait appel à ses anciennes colonies pour reconstruire le pays. C’est comme cela que de nombreuses femmes originaires de Guadeloupe, Martinique, Guyane, et d’Afrique noire sont arrivées dans les grandes villes de France. Les antillo-guyanaises ont alors découvert, une tresse beaucoup plus diversifiée, aux contacts des femmes africaines, également immigrantes sur le territoire.

La femme caribéenne ne s’est pas toujours reconnue chez la femme africaine et vise versa, car les habitudes ont été différentes par rapport à l’histoire. Mais elles ont été amenées à cohabiter dans les mêmes lieux, les mêmes territoires, ce qui fait que chacune connaît plus ou moins, les habitudes de l’autre.

Dans les années 70, le mouvement Black Panther et le slogan Black is Beautiful des afro-américains ont traverser les frontières. C’est ainsi que dans les rues de Paris de cette époque, les Caribéennes et africaines arboraient fièrement leur afro, bien que le défrisage existait déjà.

La décennie 80 était beaucoup plus axée sur le curly, ou le court devant. J’ai beaucoup de mes tantes paternelles (donc coté Guadeloupe) qui ont réalisé cette coiffure qui était très populaire. Tout droit inspiré des afro-américains et des chanteuses telles que Whitney Houston, Janet Jackson, Patti Austin…

 

Pour poursuivre, arrivent les années 90 où le lisse et le défrisage, cohabitaient avec l’émergence des fameuses BRAIDS qu’on appelle aussi Patra. Dans cette décennie-là, il y a eu la réalisation de nombreux films et séries, dont de nombreuses actrices afro-américaines (Janet Jackson, Brandy, Queen Latifa, Lauryn Hill, Regina King…) arboraient ces longues tresses, ce qui a totalement popularisé cette coiffure.

On appelle aussi cette coiffure PATRA, en référence à une chanteuse jamaïcaine qui s’appelait ainsi et qui la portait souvent.

Cette popularisation à également traverser les frontières, puisque de nombreuses adolescentes et jeunes femmes dans la Caraïbe, en Afrique et en Europe, se précipitaient pour réaliser les braids.

De nos jours ?

Dans mon enfance, donc dans les années 2000, ma mère me faisait souvent réaliser des braids très courts, dont les bouts étaient brûlés. Dans la région parisienne ou j’ai grandi, c’était le même rituel pour toutes mes copines africaines.

En revanche, je me souviens que les mamans de mes amies antillaises, n’aimaient pas beaucoup tout ce qui était extension, mèches, et même de simples tresses. Ce qui fait que même quand mes copines souhaitaient changer de style et se faire des braids comme moi et d’autres copines, leur mère refusaient. La encore, c’était une question de culture, d’habitude et peut-être de préjugé aussi… 

Si j’ai un souvenir qui me revient aussi, c’est celui d’Alicia Keys, vers 2002-2003, qui pétait tout avec ses tresses à inspiration peule. Ma soeur demandait toujours à la coiffeuse de reproduire ses coiffures ! 

Lorsque j’allais en vacances en Guadeloupe, je remarquais que les femmes étaient majoritairement sans extensions ou qu’elles utilisaient le défrisage ou le peigne chauffant. Les jeunes filles arboraient souvent un même type de coiffure : tresses collées devant et tresses debout derrière.

Les mèches n’étaient pas si courantes que ça et mes cousines paternelles me racontent même que quand elles en faisaient occasionnellement, elles se recevaient des réflexions assez clichées. 

Puis est venu le phénomène du retour au naturel, ou je suis moi-même passé par cette case, à l’âge de 14 ans en 2010.

Depuis 10 ans, je m’aperçois qu’une bonne partie des filles afro descendantes de France, s’adonnent à l’entretien de leurs cheveux crépus. Maintenant, grâce aux réseaux sociaux, j’ai le sentiment que nous caribéennes et africaines, nous sommes plus à l’aise avec nos cheveux et nous nous permettons un tas de choses avec, car il y a une meilleure connaissance. À travers les blogs (moi c’est à travers cette plateforme que j’ai appris à m’occuper de mes cheveux) ou les vidéos YouTube, on apprend à se tresser avec ou sans extensions, et il y a toujours un rappel sur les origines et l’aspect culturel du cheveu crépu et des tresses. Je trouve ça top, car ça nous permet de mieux connaître notre histoire…

Je pense aussi que ce « phénomène » de retour au naturel a aussi permis de mieux reconsidérer les tresses, car je me souviens qu’au collège et au lycée, il y avait quand même pas mal de commentaires négatifs sur les tresses… Et ça venait souvent de la gente masculine, qui se permettait de nous reprocher nous filles noires, de mettre de « faux cheveux ».

Même quand nos personnalités féminines arborent des tresses dans les médias, elles font souvent l’objet de critiques. Et c’est là qu’on peut analyser une telle ignorance ou mépris, de la part de ceux qui ne nous acceptent pas. 

Mais je dois tout de même constater qu’aujourd’hui, il y a une grande diversité de tresses dans les rues de Paris, et qu’il y a beaucoup d’originalité. Je trouve aussi que de manière générale, il y a beaucoup plus de promotions de nos coiffures traditionnelles dans les médias (magazines, défilés de mode, télévision). 

En 2020, je suis reconnaissante de pouvoir compter plusieurs modèles de femmes noires, qui ont une certaine notoriété, et qui je pense influencent beaucoup dans l’histoire de la tresse africaine. Pour vous en citer quelques-unes, j’aime beaucoup une certaine créatrice de mode, du nom d’Aïssé N’diaye et qui depuis plusieurs années, m’impressionne toujours avec ses coiffures.

Déjà que c’est une vraie référence et source d’information sur l’histoire africaine, elle s’inspire beaucoup des anciennes coiffures traditionnelles africaines.

J’aime beaucoup aussi Fatou N’diaye qui est une blogueuse qui mêle vraiment tout : mode, beauté, voyages, culture et qui ne manque jamais de faire un rappel sur ses origines, notamment dans la valorisation des tresses.

Puis il y en a d’autres, des actrices, des chanteuses, des blogueuses, des reines de beauté, des artistes…

Lorsque l’on réfléchit bien l’histoire à vraiment eu un impact, sur le mode de vie des populations. Car il faut souvent mener une démarche diachronique, donc en prenant en compte les divers événements historiques, pour comprendre le présent. Ces événements sont souvent douloureux et traumatisants, mais c’est justement à travers cela que nos aïeux se sont construit.  

Étant descendante d’Africains et de Caribéens, je dois reconnaître que la traite négrière à eu impact plus que destructive sur le plan esthétique de mes aïeux. Je suis en tout cas, fière de descendre de ces histoires, de ces femmes et de ces traditions.

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