MORGANE EN GUYANE đŸ‡ŹđŸ‡«

Oups, 3 mois que je n’ai pas postĂ© sur mon blog chĂ©ri !

J’espĂšre que vous allez bien et que vous avez passĂ© de trĂšs bonnes vacances. Je n’ai pas postĂ©, car je n’avais pas Ă©normĂ©ment de temps et pourtant, j’ai un grand nombre d’idĂ©es d’articles.

Comme d’habitude, j’ai envie de partager pas mal de choses avec vous et en particulier sur ma culture ou sur ma vie de femme issue d’un couple mixte !

Mais en attendant, je reviens avec un nouveau portrait de femme. Je connais Morgane grĂące Ă  la magie des rĂ©seaux sociaux et ses magnifiques photographies ! Lorsque je m’apprĂȘtais Ă  en m’envoler pour la Guyane en dĂ©cembre dernier, j’essayais alors de me faire des contacts avant d’arriver dans le pays.

On a beau mĂ©priser les rĂ©seaux sociaux, je veux insister sur le fait qu’il y a tout de mĂȘme des points positifs. Pour beaucoup, cela nous permet de nous crĂ©er un rĂ©seau, partager nos idĂ©es, nos crĂ©ations, notre quotidien…

J’ai donc pu Ă©changer avec pas mal de personnes dĂ©jĂ  sur place et en particulier des mĂ©tropolitains. Morgane fait partie de ces mĂ©tropolitains ayant choisi la Guyane. Par amour, elle a acceptĂ© de s’installer Ă  Saint-Laurent-du-Maroni, une ville qui se situe Ă  trois heures de Cayenne, capitale de la Guyane.

Malheureusement, durant mon sĂ©jour nous n’avons pas pu se rencontrer pour faute de temps.


FEMME, CAUCASIENNE, MAGHRÉBINE, AFRICAINE, FRANCOPHONE, GLOBE TROTTEUSE, AVENTURIÈRE 

« DES VÊTEMENTS LÉGERS, SON MAILLOT POUR SE BAIGNER DANS LES CRIQUES OU EN PISCINE (DÉSOLÉE LES FILLES, ICI PAS DE PLAGES AVEC DE L’EAU TURQUOISE ET DU SABLE BLANC MAIS DE L’EAU BIEN BOUEUSE !) »

 

Morgane qui es-tu ?

Je me prĂ©sente, je suis Morgane, j’ai 24 ans et suis mariĂ©e depuis prĂšs d’un an. Je suis « mĂ©diterranĂ©enne Â», j’entends par lĂ  que j’ai des origines algĂ©riennes du cĂŽtĂ© de ma mĂšre et française, italienne, grecque
 du cĂŽtĂ© de mon pĂšre. J’ai toujours vĂ©cu dans le Sud de la France, aux alentours d’Aix-en-Provence et j’y suis trĂšs attachĂ©e.
AprĂšs deux annĂ©es passĂ©es Ă  la facultĂ© de Lettres d’Aix-en-Provence, j’ai choisi de faire un BTS Tourisme car le voyage et la dĂ©couverte d’autres cultures m’ont toujours fascinĂ©e. J’ai travaillĂ© au sein d’un festival de musique classique, de boutiques de prĂȘt-Ă -porter et pour une chaĂźne de camping mais cependant, j’étais en quĂȘte d’autre chose


Actuellement tu vis en Guyane et plus prĂ©cisĂ©ment Ă  Saint-Laurent-du-Maroni. Raconte-nous depuis quand y vis-tu et pourquoi avoir choisi la Guyane ?

C’est mon compagnon qui nous a offert l’opportunitĂ© de vivre cette incroyable expĂ©rience depuis un an maintenant. En effet, il a postulĂ© dans une filiĂšre qui s’appelle le RĂ©giment du Service Militaire AdaptĂ© (RSMA), donc sous l’égide de l’armĂ©e, afin de devenir formateur en espaces verts. Cette formation est uniquement valable dans les DOMS pour inculquer aux jeunes un mĂ©tier et leur permettre d’avoir le permis de conduire, tout en Ă©tant rĂ©munĂ©rĂ©. Nous Ă©tions en lice pour la Nouvelle-CalĂ©donie et la Guyane
 pas le mĂȘme dĂ©cor !

Comment vis-tu cette nouvelle vie ?

Je n’ai pas hĂ©sitĂ© une seule seconde Ă  tout laisser pour pouvoir vivre avec lui cette aventure : famille, amis, travail, confort
 En arrivant, je n’y croyais pas. Lorsque l’avion a survolĂ© la forĂȘt et que nous avons atterri, ce n’est que lĂ  que j’ai rĂ©alisĂ©. Vivre au sein de cette nature luxuriante, cĂŽtoyer des animaux qu’on ne voit qu’à la tĂ©lĂ©, c’est tout simplement incroyable ! Et ce n’est pas sans dire de voir comment toutes les cultures se mĂ©langent et vivent en symbiose : BushinenguĂ©s, AmĂ©rindiens, Hmongs, Neg’Marrons
 La Guyane ne peut pas ĂȘtre dĂ©finie en ayant une seule identitĂ© ; elle est cosmopolite et c’est ce qui fait sa force.
En revanche, ce qui est navrant c’est de constater l’immense fossĂ© entre les conditions de vie en MĂ©tropole, mĂȘme aux Antilles, et ici. Elles sont dĂ©plorables. Je suis arrivĂ©e peu de temps aprĂšs les grĂšves survenues en avril 2017, et depuis rien n’a changĂ©. Il n’y a pas d’accĂšs aux soins mĂ©dicaux (plusieurs infirmiers, mĂ©decins ont dĂ©sertĂ© les hĂŽpitaux ces derniers temps Ă  cause du nombre d’heures effectuĂ©es faute de personnel), les logements sont prĂ©caires, et l’éducation manque cruellement d’enseignants, et ce malgrĂ© les multiples demandes d’aide des guyanais.
Je n’arrive pas Ă  saisir pourquoi elle ne rayonne pas, de par sa localisation (AmĂ©rique du Sud, elle se situe entre le Suriname et le BrĂ©sil, la forĂȘt amazonienne couvre 92% du territoire) mais aussi de la flore et dĂ©plore que ce ne soit que du tourisme familial, on devrait axer le tourisme vers l’Ecotourisme afin de sensibiliser les gens pour qu’ils se rendent compte que la Nature est si prĂ©cieuse et fragile. Une mine d’or vient d’ĂȘtre crĂ©Ă©e non loin de Saint-Laurent et l’Etat français a vendu ce site aux Canadiens et aux Russes, qui vont l’exploiter pendant deux ans. C’est de l’orpaillage certes lĂ©gal, mais qui pollue les nappes phrĂ©atiques, dĂ©foreste des milliers d’hectares et incite les populations autochtones qui vivent sur ces terres depuis des siĂšcles, Ă  migrer et ce sans parler de la faune prĂ©sente. C’est un vĂ©ritable dĂ©sastre Ă©cologique.

Quelles sont les activitĂ©s Ă  faire Ă  Saint-Laurent ?

Tant de choses Ă  faire : Visiter le centre historique et les anciens bagnes, tĂ©moins de la colonisation française : Camp de la Transportation et Camp de la DĂ©portation (rĂ©habilitĂ© en camp militaire, se trouve Ă  Saint-Jean), remonter le Maroni en pirogue, aller en 5 min au Suriname en traversant le fleuve, faire le marchĂ©, goĂ»ter les spĂ©cialitĂ©s, visiter l’usine de rhum « La Belle Cabresse Â», se promener en forĂȘt (plein de sentiers dont la forĂȘt domaniale des Malgaches), sĂ©journer en hamac dans un carbet 


Quelles sont les moyens de dĂ©placements/transports ?

Il y a 8 heures d’avion qui nous sĂ©pare de Paris (il y a des vols tous les jours pour Cayenne que ce soit avec Air France ou Air CaraĂŻbes). On peut tout aussi prendre l’avion pour aller au BrĂ©sil (villes principales depuis Cayenne : BelĂ©m et Fortaleza) ou aux Antilles (Martinique et Guadeloupe). Une nouvelle compagnie aĂ©rienne norvĂ©gienne fera ses dĂ©buts Ă  partir de Novembre et ouvrira la porte Ă  de nouvelles destinations. Un moyen chouette aussi de dĂ©couvrir la Guyane ce sont les petits avions de la compagnie « Air Guyane Â» qui mĂšnent les aventuriers au cƓur de la forĂȘt comme Saul, ou Maripasoula.
Il n’y a pas vraiment de bus ici, dans l’Ouest guyanais, il y a plein d’arrĂȘts mais aucun bus qui passe. Bien Ă©videmment il y en a qui desservent Cayenne et les communes voisines. La voiture Ă©tant le moyen de locomotion indispensable pour pouvoir se dĂ©placer ici. Beaucoup de monde, les enfants compris, font du stop aussi mais je ne souhaite pas essayer. Il y a Ă©galement du covoiturage via le site Blada. La pirogue aussi, est un moyen peu onĂ©reux et rapide pour nous conduire oĂč on veut, le principal avantage est de dĂ©couvrir les somptueux paysages en remontant le fleuve.

Au niveau gastronomie, quelles sont les plats Ă  dĂ©guster ?

Incontestablement le Bami ! La dĂ©couverte guyanaise par excellence. Ce sont des nouilles avec une sauce satĂ©, avec de la viande de poulet, bƓuf ou porc. Puis aussi toutes les spĂ©cialitĂ©s asiatiques : le PhĂŽ (soupe), les nouilles sautĂ©es, riz cantonais, bƓuf au poivre, beignets de calamar au piment, poulet aux poivrons
 Et aussi, le « rĂŽti Â» ! Qu’est-ce que c’est bon !! Ce sont des pilons de poulets dans une sauce au curry avec des pommes de terre fondantes et des haricots, le tout Ă  saucer Ă  l’aide d’une galette de manioc ! On a aussi du couac, trĂšs bon en taboulĂ© ; c’est de la farine de manioc dont la fabrication est intĂ©ressante Ă  voir. Je recommande vivement. Que d’excellentes choses, bonjour les kilos en trop!

Quels sont les bons plans logement ?

Les carbets ! C’est LE bon plan logement oĂč passer une nuit sans dĂ©penser une somme folle. C’est une appellation amĂ©rindienne qui dĂ©signe une construction en bois avec des poteaux et des poutres, permettant ainsi d’avoir Ă  la fois un espace ouvert et ĂȘtre Ă  l’abri. Parfait pour y poser son hamac (comptez 5€ environ la nuitĂ©e voire 10€ pour la location d’un hamac et d’une moustiquaire). C’est incontournable ici. Il y a Ă©galement les gĂźtes et chambres d’hĂŽtes plus avantageux qu’une nuit en hĂŽtel (nuitĂ©e Ă  90€ en moyenne).

As-tu distinguĂ© des similitudes avec la culture guyanaise et ta propre culture mĂ©tropolitaine ? D’ailleurs, parle-nous de ta rĂ©gion d’origine (Aix-en-Provence). 

Pas vraiment non. Il y a une certaine quiĂ©tude ici, les gens sont nettement moins stressĂ©s qu’en mĂ©tropole, tant qu’ils peuvent se poser quelque part en Ă©coutant de la musique, danser et boire un petit coup, les guyanais sont les plus heureux ! On prend facilement le pli lorsqu’on arrive ici ; les « mĂ©tros Â» profitent plus de leurs familles, c’est agrĂ©able. MĂȘme si le coĂ»t de la vie est chĂšre, plus particuliĂšrement les courses dans les grandes surfaces ou les « Chinois Â» (petites Ă©piceries), on peut heureusement se faire plaisir en allant au restaurant et dĂ©guster des plats bien copieux et mĂȘme moins chers !
J’adore la vie que je mĂšne Ă  Aix : retrouver mes amies, les repas en famille, faire du shopping, aller au cinĂ©ma ou au musĂ©e, assister Ă  des concerts, dĂ©couvrir la rĂ©gion et l’Hexagone, aller Ă  la mer, voyager Ă  moindres coĂ»ts
 Je me sens libre de faire ce que je veux car tout est accessible. Je ne sais pas comment est-ce que mon retour sera mais j’ai hĂąte de vivre pleinement cette seconde vie, et rĂ©apprendre Ă  apprĂ©cier les choses.

Que faut-il dans sa valise avant d’embarquer pour la Guyane ?

Des vĂȘtements lĂ©gers, son maillot pour se baigner dans les criques ou en piscine (dĂ©solĂ©e les filles, ici pas de plages avec de l’eau turquoise et du sable blanc mais de l’eau bien boueuse !) et surtout de la crĂšme solaire indice 50 car sous les tropiques on ne bronze pas, on brĂ»le! Sans oublier le hamac đŸ˜‰ MĂȘme lorsqu’il pleut, il fait quand mĂȘme bon. Par contre, en saison des grandes pluies, prĂ©voir un imper ou un poncho bien impermĂ©able avec des bottes pour la gadoue!

Que faut-il pour se rendre en Guyane Française ?

Il faut seulement se munir de sa carte d’identitĂ© ou d’un passeport en cours de validitĂ©, et le vaccin contre la fiĂšvre jaune qui est obligatoire sous peine de ne pas pouvoir dĂ©barquer (traitement contre le paludisme facultatif).
Être en AmĂ©rique du Sud et pourtant ĂȘtre sur le sol/territoire français, quelle chance đŸ˜‰

Quels conseils donnerais-tu Ă  celles qui seront tentĂ©es par une expĂ©rience guyanaise ?

Foncez ! Il faut se donner les moyens de partir, et de vivre cette expĂ©rience unique ! C’est vivre en AmĂ©rique du Sud, au cƓur de la forĂȘt amazonienne, c’est rencontrer des ethnies diverses, s’ouvrir aux gens et aux autres cultures et surtout apprendre d’eux et de leurs modes de vie. J’ai tellement changĂ© en un an, je me trouve mĂ©tamorphosĂ© et en bien qui plus est, je vous souhaite de tout cƓur la mĂȘme belle Ă©popĂ©e


ENTRETIEN RÉALISÉ PAR ANDIE OXYBEL

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