MEETING WITH AUDE

Aude est une amie que j’ai rencontrée via les réseaux sociaux, il y a un peu plus d’un an.
Lorsque le téléfilm « un rêve français » a été diffusé pour la première fois, nous étions plusieurs à s’exprimer à propos du synopsis.
En effet, ce téléfilm révélait un sujet très douloureux auquel de nombreux ultramarins ont été confronté dans le passé, le Bumidom.
Le Bureau pour le développement des migrations dans les départements d’outre-mer a été un passage obligé pour de nombreux antillo-guyanais et réunionnais de l’époque, qui avaient l’espoir de trouver une vie meilleure en métropole.
 
Comme moi, de par son père, Aude possède un héritage guadeloupéen et c’est donc à travers ce sujet et nos origines que nous avons débuté nos premiers échanges.


 
Mais c’est un autre sujet que nous avons décidé d’aborder avec vous.
 
Depuis quelques temps, nous pouvons constater que les violences auxquelles sont confrontées les femmes sont de plus en plus prises au sérieux.
Nous pouvons observer qu’à travers le monde, les femmes décident de porter plainte pour les viols, les violences conjugales, les harcèlements de rue dont elles sont confrontées au quotidien.
Et ce qui est alarmant, c’est que même des célébrités osent aussi dénoncer des faits qui majoritairement se sont déroulés plusieurs années auparavant contre des célébrités encore en liberté.
 
Je peux alors citer les affaires Harvey Weinstein, Bill Cosby ou encore R Kelly qui ont alimenté nos dernières actualités.
 
Dans le cas d’Aude, elle a été victime de violences conjugales durant de longues années.
Elle a partagé la vie d’un homme dit manipulateur pervers narcissique qui lui a fait perdre toute confiance en elle, qui l’a éloigné de sa famille et de ses amis.
Durant toutes ces années qu’elle a passées aux côtés de cet homme, elle n’a rien révélé auprès de ses proches et a subi toute seule.
 
Nous avons donc convenu a partager son histoire, sur le blog, car nous sommes tout à fait conscientes que c’est le moment de participer à cette libération de la parole active depuis plusieurs années.
 
Si je vous disais que rédiger cet article ou qu’écouter Aude sur son histoire ont été choses faciles, ce serait vous mentir. Car c’est vrai, on entend souvent parler des violences faites aux femmes. Pour mon cas, c’est souvent à la télé, sur les réseaux sociaux donc dans les médias que je prends à chaque fois connaissance de ces réalités.

Mais être en face d’une ancienne victime, qui vous raconte les violences physiques, verbales et psychologiques qu’elle à elle-même vécu, c’est une autre chose. 

Aude qui es-tu ?
 
J’ai 34 ans, mère d’une petite princesse. Je suis métisse Guadeloupéenne du côté de mon papa et Tunisienne Bretonne du côté de ma maman.
Je suis née dans une belle région qui est la Haute-Savoie où j’y ai grandi jusqu’à l’âge de mes 18 ans, puis je suis parti étudier la sociologie et l’anthropologie à la faculté.
Ensuite, pendant deux ans, j’ai été dans une école afin d’obtenir mon diplôme d’assistante des ressources humaines.
J’ai pu ensuite travailler dans différents secteurs privés et publique : un cabinet de recrutement, pour le fond social européen de la région, un cabinet d’experts-comptables et dans les Mairies .
 
J’ai signé il y a quelques mois une rupture conventionnelle avec mon ancien employeur et j’ai repris des études en anglais sur 1 an afin de perfectionner la langue qui est très importante et en même temps réfléchi sur mon futur emploi et espère également réaliser par la suite certains rêves mis de côté.

Sinon je suis une femme simple, courageuse, croyante, indépendante et hypersensible qui n’aime pas l’injustice et les relations superficielles. Je suis aussi très romantique, patiente et persévérante dans mes différentes activités.

Quand je sais ce que je veux, je n’attends l’aide de personne. J’aime beaucoup échanger avec de nouvelles personnes.

Ainsi, je dissimule beaucoup ma souffrance à travers des sourires ou excentricités parfois.

 

Avant d’aborder le thème des violences conjugales, tu as connu de graves problèmes de santé…
 
Je suis tombée gravement malade à l’âge de 17 ans et je n’ai pas eu la chance de vivre comme mes amis cette période d’adolescence avec cette insouciance, mais de suite du passer à l’âge adulte.
 
J’aurais tant voulu connaître les boums, les sorties-ciné, les premiers smacks sur les bancs de l’école, mon premier tête-à-tête au mac do, partager les épreuves du bac avec les élèves de ma classe une vie d’ado où tout est si simple et rose … mais non.
Il fallait que je me batte contre la maladie du jour au lendemain et j’ai subi à un moment donné une intervention très lourde sous anesthésie locale pendant 4 heures et demi.
Je me souviens de tout de cette odeur, cette pendule en face de moi, l’équipe d’étudiants en médecine…
 
Puis ensuite, j’ai dû réaliser une très une longue rééducation usante, fatigante et un lourd traitement.
Mon corps avait déjà trop souffert, mais malheureusement quelques années plus tard récidive à 21 ans où je découvrais cette fois-ci la magie des rayons.
Malgré cela, j’essayais de me cacher de sourire de ne rien montrer, mais c’était tellement difficile.
De plus, quand la maladie ne se voit pas totalement on se sent moins compris et voulons parfois hurler la douleur qui nous envahit chaque jour pour qu’au moins une personne nous comprenne.
 
Malgré tout cela, j’ai « gagné » ce combat même si je suis encore très bien suivi et j’ai pu en même temps que les soins et rééducation obtenir mon bac et rentrer en faculté de sociologie grâce à des aménagements mis en place.
 
Le manipulateur pervers narcissique…
 
J’ai été la proie d’un manipulateur pervers narcissique qui a profité de cette fragilité de ma gentillesse et naïveté et de cette empathie durant plusieurs années.

J’ai aimé cet homme, dès la première fois que je l’ai vu. Il était en costume blanc et avait un sourire qui ne m’avait pas laissé insensible. On ne voyait que lui et on entendait que lui dans la pièce. Il me captivait par sa culture, ses voyages… c’était un homme qui était hyper sociable et il m’impressionnait pour cela.

Maintenant, je sais que toutes ces manies étaient stratèges, car je devenais sa prochaine proie. 

Des violences psychologiques, des mots, des humiliations sur mon physique, ma personne pire que des coups que j’ai pu avoir.
Cela m’a entraîné dans un tunnel très sombre dans lequel je ne voyais plus du tout la lumière.
J’avais pris plus de 20 kilos, je ne prenais plus du tout soin de moi, une fleur fanée voir morte qui se cachait grâce à de larges joggings de garçon.
Tellement épuisée, je n’avais aucune envie ne serait-ce que de me passer une petite crème sur le visage ou un petit rouge lèvres ce qui représentait pour moi des efforts considérables.
Éloignée de mes amis et de ma famille, etc.… j’étais seule.

 

Sur cette photo, je n’avais plus de force pour s’occuper de moi, de mes cheveux, de mes sourcils, de ma peau. Me mettre un rouge à lèvres était impensable. Je ne savais plus comment sourire ou du moins, je ne pouvais pas sourire. Je suis détruite, mon coeur saigne, mon coeur bat, mais mon corps est mort par ses mots. 

« Imbaisable ! »

« Qui voudrait de toi ? »

« Tais-toi ! Tu as intérêt pauvre fille ! »

« Ton ventre pend ! »

« Si je te vois à terre, je passerai au-dessus de toi ! » 

« Tu ne vaux pas la peine. Qui voudrait d’une fille qui a des problèmes de santé, qui est hystérique, tu ne donnes pas envie ! » 

Voilà des exemples de violences verbales qui rythmaient mon quotidien. Et ce qui était ironique, paradoxale, c’est qu’à coté, j’avais le droit à des « je t’aime’, « tu es la femme de ma vie, je ne te quitterais jamais »…

Devant notre entourage, il ne m’appelait pas par mon prénom ni même un surnom, c’était « ELLE LA » avec un ton si méprisant. 

J’ai attendu tellement de choses promises que je n’ai jamais vu et j’espérais pouvoir le changer. Ce qui était impossible.

Un soir après m’avoir insulté, mais aussi serré le coup avec mon foulard, je me suis déplacée au commissariat le plus proche à pieds en pleine nuit. 

Il me suivait derrière jusqu’à l’accueil. Un gendarme a compris et m’a prise à part car je n’étais pas encore prête pour un dépôt de plainte. Mais c’était la première fois que je déposais une main courante dont j’avais reçu un certificat médical avec 5 jours d’ITT le lendemain. 

Les femmes victimes de violences se plaignent souvent de ne pas être entendue par les institutions. De plus, il y a encore une trentaine d’années, une femme qui allait porter plainte dans un commissariat pour violences conjugales, était systématiquement renvoyée chez elle, chez son bourreau…
La plainte n’était même pas prise en compte et on remettait souvent en cause, le comportement de la femme.
Est ce que toi, tu as ressenti les mêmes malaises, incompréhensions ou injustices ?
 
Les violences dans le couple sont complexes et le plus souvent cachées. Mais des solutions existent, des associations sont là pour dans un premier temps t’aider pour en parler et mettre les mots sur ce que tu vis et de s’avoir que tu es victime de violences puis ensuite t’accompagner pour sortir de cette situation.
 
Vous tomberez sur des psychologues, juristes, assistantes sociales et autres professionnels qui prendrons le temps de vous écouter, rassurer et de vous aider.
On vous dira de porter plainte et c’est extrêmement difficile de dénoncer à la police les différents agissements de votre ex conjoint avec qui vous avez vécu pas mal d’années et parfois eu des enfants.
Mais il existe en plus toujours cette relation d’emprise à ce moment-là sur vous lors de vos premières démarches, ce qui entraîne un mélange d’agressions et de mots gentils.
 

Il faut rapidement garder des preuves des violences, car les messages s’effacent, les bleus disparaissent, les témoins oublient (impression des messages ou SMS, recueil de témoignages, attestations de médecin, photos, enregistrements…)


Un, jour j’ai appelé SOS SOLIDARITÉ FEMMES, qui m’ont écouté puis ensuite donner les directions à suivre pour me sortir de cet enfer.
J’ai pu ensuite rencontrer dans leurs bureaux une juriste et un psychologue.
Je sais qu’il y’avait des groupes de paroles, mais je n’y ai jamais assisté.
 
Et un jour où je me suis retrouvée à la rue, je les ai appelés et ils m’ont dit de ne pas bouger qu’ils allaient appeler un hôtel pour m’héberger quelques nuits afin de trouver une solution par la suite.
 
Donc pour ma part, je eu le sentiment d’avoir été aidé et accompagner, mais je suis consciente que ce n’est pas le cas de toutes les femmes.
 
Quel a été le déclic ?
 

La première fois que j’ai voulu le quitter à cause de ses mensonges et tromperies, je ne l’oublierai jamais…

Ce jour-là, il a fait une tentative de suicide devant moi. Ce sang, ce gros couteau…

Je n’oublierais jamais la scène. C’était la panique et il ne voulait absolument pas que j’appelle les secours. Il voulait que je reste auprès de lui.

FUYEZ.

Ne croyez surtout pas à leur tristesse ou désarroi du fait que vous voulez vous séparer de vos bourreaux. Ce n’est que de la comédie et du chantage. Car ils n’ont aucun affecte et ne trouve que leur bonheur en détruisant le vôtre. 

J’en ai tellement à raconter mais un soir, ce fut une scène de trop. En panique, je n’ai pas eu la force de prendre quoi que ce soit, ne serait-ce que mon huile minceur et le doudou de ma fille.
J’ai tout quitté du jour au lendemain, dehors sans rien en laissant toutes mes affaires derrière moi. Je me suis retrouvée sans économies, car j’ai perdu énormément d’argent en étant avec cette personne.

Le manipulateur pervers, c’est aussi cette personne qui me demandait sans cesse de lui prêter de l’argent à moi et à certains membres de ma famille en plus de mon apport financier. Il me répétait à de nombreuses reprises qu’il allait me rembourser, mais cela n’a jamais été le cas. 

Des personnes s’accrochent au matériel et aiment exposer ce qu’ils possèdent. Mais quand je me pose et que je commence sérieusement à réfléchir sur ma propre situation, je me dis que la santé et la liberté sont deux choses vraiment importantes dans une vie. 

Tout ce qu’il y a autour n’est qu’éphémère.

 

Ma fille m’a aidé aussi à avoir ce déclic, car le fait qu’elle soit spectatrice de multiples scènes, ce n ‘était plus tolérable.
Je quittais une villa de 360 m2 avec piscine chauffée, 8 chambres, 3 cuisines, etc…. Avec des caméras de partout que j’appelais ma prison dorée pour me retrouver dans un logement tout petit détaché de tout avec aucun moyen de communication avec le monde extérieur pendant 6 mois.
Ah si,  j’oublie les personnes avec qui je pouvais parler,  c’étaient les souris et les rats qui faisaient la fête au-dessus de ma tête chaque soir dans cette pièce où il n’y avait qu’un lit et ou les fenêtres faisaient traverser de l’air si froid.
Le principal, c’est que j’avais un toit sur ma tête, mais je ne pouvais voir ma fille qu’une semaine sur deux.
Un véritable cauchemar pire que dans les films, mais toujours debout avec en plus de nouveaux combats là avec la justice. 

De ma prison dorée ou j’avais tout en triple.
À la chambre d’hôtel et le foyer d’urgence durant 6 mois où je devais faire la queue le jeudi matin au Secours Populaire. Tout peut s’écrouler du jour au lendemain… La chute.

C’est dans ces moments si difficiles que tu peux reconnaître tes vrais amis. Ceux qui ne te jugeront pas et t’abandonneront jamais. Aujourd’hui, ils se comptent sur les doigts d’une main. 

Impossible d’oublier ce qu’ils ont fait pour moi et mon enfant. 

En discutant avec toi, je sens malgré tout une grande envie d’explorer pas mal de choses, de témoigner en faveur des femmes, comme une renaissance.
Qu’est ce que tu aimerais exprimer ou faire ?
 
Je ne te cache pas que j’avais commencé à créer mon blog sur lequel j’évoquais quelques épisodes de ma vie (dignes d’un film !), de mes rencontres, de mes combats de mes peines, de mes joies, de cette maladie psychologique qui est encore à mon sens très peu reconnu, mais qui engendre d’énormes dégâts pour ceux qui en sont victimes : du Manipulateur Pervers Narcissique (Ne dépends pas de la classe sociale du statut professionnel).


Mais aujourd’hui, après avoir parlé de moi, je souhaiterais plus faire partager ma reconstruction avec mes petits moments de bonheur que je découvre depuis très peu de temps : de nouvelles rencontres, des livres, des sorties, etc…
Si on me demande d’en parler ou qu’on me pose des questions bien évidemment, je serais dans l’écoute.
Il n’y aura aucun jugement, mais de l’échange car étant victime souvent nous nous renfermons sur nous-même par peur de ne pas être comprise, de déranger et en se disant même parfois que nous perdons la tête.
 
Il faut se soutenir entre femmes et mettre cette jalousie ou concurrence de côté et avancer ensemble vers le bonheur.
 
« l’Union fait la force ! »
 
Je suis actuellement une petite chenille qui est sorti après tant d’année de son cocon, mais qui a tout de même du chemin à faire pour pouvoir devenir un magnifique papillon qui s’envolera vers ses rêves !
 
« J’aimerais tellement pouvoir aider les femmes qui sont aujourd’hui entrain de douter d’elles, qui sont ou ont été victimes d’un manipulateur pervers narcissique, et de violences grâce aux réseaux sociaux et autres projets qui sont en cours de réalisation »
 
Mis à part ça, tu restes et resteras toujours une personne humaine, une femme, une mère. Quelles sont tes passions ?
 
Je suis en pleine reconstruction, une nouvelle vie…
Je me suis mise au sport il y a environ 1 an pour pouvoir je l’espère un jour accepter, mieux apprécier et aimer mon corps.
Je l’ai toujours détesté ou plutôt, je n’ai jamais voulu lui parler, le rassurer et prendre soin de lui. Il n’était qu’un cobaye puis un punching-ball et une grosse carapace…
Il est meurtri aujourd’hui par la maladie, les violences et tous les différents parcours du combattant donc maintenant à mon tour de prendre soin de lui !
 
J’aime essayer les différents produits pour cheveux afro.
 
J’ai fait du violon durant 18 années de ma vie et 10 années de théâtre.
Je songe alors à rentrer de nouveau dans le milieu artistique qui me permettrait d’extérioriser pas mal d’émotions. C’est une thérapie, une échappatoire.
 
On m’a souvent dit que j’étais photogénique, que mon visage était très expressif donc je me lance dans différents shootings qu’on me propose, c’est un grand défi pour moi vraiment.
 
Je redécouvre le plaisir de la lecture le soir après avoir lu la petite histoire de ma princesse.
Mais surtout, je profite au maximum de ma poupée.

Sur le plan sentimental, lorsque j’étais au plus bas, j’ai fait la rencontre d’une personne qui vivait des choses difficiles comme moi et en particulier par rapport à une séparation et à la garde de ses enfants. 

On s’était rapproché pour pouvoir s’entraider et je m’étais énormément attaché à lui. Mais plus on se rapprochait corporellement parlant et plus j’avais un blocage…

À ce moment-là, il faut absolument en parler à la personne. C’est le résultat de nombreux chocs traumatiques et émotionnels qui font qu’on à peur a ce qu’on touche certaines parties de notre corps qui ont été violentés. 

À l’heure actuelle, un homme qui touche mon ventre, j’ai encore énormément mal. Parce que mon ventre représente encore des moments difficiles de ma vie. C’est un endroit qui à beaucoup été blessé.

Aujourd’hui, nous nous donnons de temps en temps des nouvelles même nos chemins se sont séparés. Cette personne aura toujours une place importante dans mon coeur et je la respecte beaucoup. Lorsque nous avons la possibilité de se revoir, c’est un réel bonheur. 
 
Quels sont tes modèles, tes inspirations de femmes ?
 
Après ma maman qui est ma référence, une femme si belle, intelligente, cultivée et battante.
Je vais plutôt citer des noms de femmes célèbres qui m’inspirent au quotidien :
Simone Veil, Rosa Park, Angela Davis, Oprah Winfrey, Christiane Taubira, la chanteuse Imany, Audrey Pulvar, Christine Kelly, Sonia Rolland, Aissa Maiga, Inna Modja, et plein d ‘autres encore.
 
Ces femmes ont dû toutes faire face à de nombreuses discriminations : insultes racistes, remarques sexistes… et ce sont vraiment de vraies militantes, pour ma part. Elles sont bosseuses avec beaucoup de détermination et de persévérance.
Elles sont vraiment magnifiques à voir et à écouter.
 
Justement, as-tu puisé tes forces ou ton courage à travers elles ?
 
J’ai toujours puisé ma force à travers ma maman avant d’être à mon tour mère, mais la foi a aussi une place importante dans ma vie.
 
Maman est bretonne-tunisienne, tandis que papa est guadeloupéen. Quelle richesse et quelle histoire familiale ! 

Le rôle de la famille est primordial, c’est elle qui transmet par des anecdotes, histoires ou photos, les origines à l’enfant.
J’ai eu la chance que ma maman me laisse même en étant séparée de mon papa voir ma famille paternelle et aller aux Antilles avec mon père.
Ces périodes de ma vie n’ont été que des richesses.

Aude vers l’âge de 2 ans en 1987 à Deshaies (Guadeloupe)

Ma grand-mère maternelle est bretonne et mon grand-père maternel est tunisien. Ma maman à donc connu son papa jusqu’à l’adolescence ou elle le rendait visite à Paris dans le quartier du Marais. Elle en garde de très bons souvenirs ou l’ambiance était totalement différente de celle du cocon de sa mère. C’était les soeurs de son père, les couscous, la danse, la musique, les cigarettes …

Elle a elle-même fait face à cette différence culturelle due à son métissage. Mais elle a toujours réussi à se fondre, à s’adapter. 

Elle possède à l’heure actuelle de nombreuses photos de famille, de nombreux souvenirs dont elle m’en parle beaucoup. On avait aussi entamé quelques recherches que j’aimerais approfondir quand le temps me permettra, surtout pour ma fille.

Dans quelques années, je ferais découvrir à ma fille d’où viennent ses grands-parents et arrières grands-parents. Que ce soient les Antilles, l’Afrique du Nord, l’Afrique subsaharienne… 

C’est très important pour moi que ma fille grandisse en sachant d’où elle vient mais aussi qu’elle s’aime et qu’elle soit fière de son métissage, de ses cheveux, de sa couleur de peau. Qu’elle est aussi de la repartie pour répondre avec politesse à la stupidité parfois des gens.
 
La case « métisse tiraillée entre plusieurs cultures »… 
 
Les métisses ont vraiment les fesses entre deux chaises. Je ne suis ni blanche, ni noire mais métisse. Je ne choisirai jamais quel camp ou autre.
C’est comme si on me demandait de choisir entre ma mère et mon père alors que je les aime tous les deux.

Les éléments culturels que tu aimes le plus ? 

Je suis très gourmande donc je dirai dans un premier temps les bons plats. Après ça serait les musiques, les danses et la convivialité.

Quels sont tes derniers mots ?
 
Il faut absolument que toutes sortes de violences envers les femmes cessent.
Il faudrait tout au cours de l’évolution de nos jeunes filles, les informer sur les différents types de violences, que personne n’a le droit de les humilier, de les insulter et de lever la main sur elle et ça dès l’enfance.
Qu’elles s’aiment qu’elles s’auto-félicitent, car nous sommes dans une société où nous ne prenons pas le temps de valoriser le travail de nos enfants.
Il est important qu’elles soient fières d’elles et que personne ne les freine dans leurs objectifs et rêves.

 

Entretien réalisé par Oxybel Andie

Photographe : Stella Madjé 

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2 commentaires

  1. Énorme histoire, je réalise qu’en effet reconnaître qu’on a été victime d’un tel personnage peu être long. Merci bcp !!

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