Ma rencontre avec Anita Traoré, présidente de l’association Chance et Protection pour toutes

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Hier je rencontrais pour la première fois, Anita Traoré, Présidente de Association Chance et Protection pour toutes.

Il y a plusieurs semaines de cela, je décidais de conclure à un rendez-vous avec cette femme. Car j’étais à la recherche d’une femme excisée qui pouvait ainsi parler de son excision sans honte. Je voulais marquer ce mois de mars si consacré à la femme et à un combat particulier que mène une d’entre nous. Pour celles qui ne connaissent pas, l’excision est une violente pratique qui consiste à mutiler partiellement ou totalement les parties génitales féminines de la femme. Cette opération qui est d’une violence extrême est alors pratiquée sur les bébés, petites filles, adolescentes ou tout simplement chez les jeunes femmes.

Selon les historiens, l’excision a été créée avant le christianisme et l’islam afin de réduire la condition des femmes qui était déjà bien réduite…

Ceux qui la pratiquent se justifient donc sur le fait que cela empêcherait la femme d’aller voir ailleurs, d’avoir des envies sexuelles, exciser une femme est une obligation religieuse (ce qui est totalement faux car aucun livre sacré ne mentionne cette barbarie !). Mais l’excision c’est aussi plusieurs cultures qui se sont construites autour d’elle donc beaucoup croient toujours en celle-ci car c’est un moyen pour eux préserver leurs cultures, coutumes et origines.

Elle est donc pratiquée chez plusieurs peuples peu importe les croyances religieuses (musulmanes, chrétiennes ou animistes). Plusieurs régions, pays et continents sont touchés par ce phénomène dont l’Afrique qui connaît l’un des forts taux de l’excision, l’Asie, l’Europe car de nombreuses filles nées en France ou ailleurs en Europe et qui sont originaires de pays qui la pratiquent en sont victimes de ce trafic. Nous avons aussi L’Amérique du Nord, L’Amérique du Sud et enfin l’Océanie.

Les conséquences sont terribles et nombreuses. Nous avons tout d’abord des conséquences psychologiques car l’acte est tellement barbare et violent, que les femmes gardent un mauvais souvenir. Tout au long de leur vie, ces femmes ne peuvent décrire exactement la douleur et la souffrance endurée. Lors des grossesses ou accouchements, il y a celles qui meurent avec ou sans leur bébé car il y a des déchirures, des complications ou encore des saignements. Lors des relations sexuelles de celles-ci, les douleurs sont présentes mais il y a aussi le fait qu’elles ne ressentent pas forcément du plaisir et cela est inégal ou humiliant. Car lorsque vous vous retrouvez avec un homme qui n’a jamais couché avec une femme excisée ou qui ne connait pas cette pratique car soit cela est inconnu chez lui, dans son peuple, dans son pays ou dans sa région. Il est difficile d’expliquer ou de faire comprendre à son partenaire cet acte.

Les infections ou brulures forment le quotidien de ces jeunes filles et femmes. Durant plusieurs jours, elles ne peuvent plus s’assoir ou uriner correctement.

Enfin, beaucoup meurent durant l’acte du a des hémorragies, infections ou le choc.

Dans le dernier recensement de 2004, on estimait qu’environ 53 000 femmes adultes étaient excisées et résidaient sur le territoire français.

Comme vous pouvez le constater, l’excision est un sujet tabou du a sa position sociale, culturelle et de son caractère violent. Il est donc très difficile d’aborder le sujet facilement avec ces femmes. Raison pour laquelle beaucoup d’entre elles n’arrivent pas ou ne veulent tout simplement pas discuter de ce sujet.

J’ai toujours milité au plus profond de moi-même contre cette pratique car je la connais fausse, inégale et barbare. Ma propre mère en a aussi été victime à l’âge de 11 ans et elle a gardé un très mauvais souvenir de ce moment.

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J’estime aussi que chaque femme a le droit de rester tel qu’elle est, tel que la nature la construite. On ne va pas enlever ce qui est juste et normal dans le corps féminin. Et une femme a bien le droit d’avoir son plaisir avec ses parties intimes peu importe la manière dont elle le veut. Je pense que la femme souffre déjà assez dans ce monde !

Cependant, beaucoup d’entre elles ont décidé d’en faire leur combat. Dont Anita Traoré, ex candidate à l’élection de Miss Guinée France, présidente d’une association luttant contre toutes les violences faites aux femmes et en particulier l’excision.

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Ce fut un moment de partage et tout simplement de plaisir avec elle. J’appréhendais beaucoup cet entretien car c’est mon premier réellement et surtout plus ou moins bien organisé de ma part lol. Mais bon je suis heureuse car elle a trouvé que j’étais très professionnelle !

J’ai découvert une femme très ouverte, attachante, belle, intelligente et j’en passe. Malgré cet épisode traumatisant de sa vie, elle ne se laisse pas abattre et vie sa vie comme elle le sent. Elle milite pour le bien être des femmes dans le monde, elle fait des conférences à gauche et à droite, elle parle de ce sujet sans tabou et avec une telle assurance.

Je l’a trouve très inspirante et très courageuse tout simplement. En plus d’être maman de deux enfants, ce n’est pas ce qui l’empêche de mener ses activités.

Je vous donne rendez-vous dans le prochain magazine Radar Black ou mon entretien avec elle sera publié. Elle mérite qu’on reconnaisse son travail et enfin toute cette violence autour de cette pratique. Car j’estime que nous sommes tous plus ou moins touché par les problèmes de notre société.

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Pour la soutenir dans son combat, voici sa page Facebook : Association Chance et Portection pour toutes

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3 commentaires

  1. je ne sais pas si les personnes coupables de ces actes de barbarie sont même conscients qu’ils détruisent des vies. j’aime cet article parce que l’excision est une pratique pas assez décriée.

    1. Merci pour ce commentaire. Je me demande aussi si ces personnes se rendent compte des conséquences de ces actes terribles. Et surtout pour celles qui ont vécu la même chose mais qui reproduisent tout de même cela.

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