KANNAVAL

Ça y est ! Le Carnaval de Guadeloupe à prit fin il y a quelques jours. 

À l’occasion de ces festivités très populaires aux Antilles, j’ai eu l’idée d’écrire à propos de cet événement très ancré dans la culture guadeloupéenne.

Devenu très populaire à partir des années 80, je n’ai jamais assisté à un carnaval là-bas, car jusqu’à maintenant, je me suis rendue en Guadeloupe seulement durant les vacances d’été.

Et le carnaval lui, débute en début d’année donc le dimanche qui suit l’épiphanie et prend fin le mercredi des cendres. 

Mais ce serait avec grand plaisir d’y assister un jour.

 

Son histoire

 

Le carnaval a été introduit dans les Antilles françaises (et dans la caraïbe en général) par les Européens catholiques au 17ème siècle.

Avant de débuter le traditionnel carême, les catholiques avaient pour habitude d’organiser des réceptions ou des bals masqués afin de profiter de toutes les privations auxquelles ils devront s’y restreindre durant les jours de carême : viande, alcool (vin), lait…

 

À l’origine, les esclaves n’étaient pas conviés à ces festivités.

Lorsqu’ils ont pris part à ces fêtes, ils ont apporté leurs touches de différentes manières : déguisements originaux, chants, masques, couleurs, fouets, tambours …

Ces nombreux éléments venaient de leurs origines amérindiennes, africaines et indiennes.

Il existe plusieurs types de masques qui font référence à ces trois groupes ethniques.

Le masque à roucou (mas a roukou) pour le peuple amérindien (les premiers habitants de l’île).

Le masque à Congo (mas a Kongo) pour le peuple africain.

Le masque à miroir (mas a glas) pour le peuple indien (ceux arrivés en 1854).

Parfois des groupes adoptent aussi des masques représentants des personnalités publiques (Chirac, Giscard, Mitterand…)

 

Ils ont commencé à défiler et créer leurs propres parades dans la propriété de leur maitre, car ils n’avaient pas le droit de sortir de l’habitation.

C’était un moyen d’oublier un temps leurs conditions d’esclaves, mais c’était aussi l’occasion d’inverser les rôles, et de reproduire les relations maitres-esclaves, dans un ton dérisoire.

Nous pouvons parler de la présence de certains objets comme le fouet, ou les esclaves reproduisaient les scènes quotidiennes qu’ils vivaient, mais nous pouvons aussi noter la reproduction des tenues que se confectionnaient les marrons lors de leurs fuites.

A travers leurs tenues, leurs masques ou encore leurs maquillages. Les esclaves faisaient croire à leurs maîtres que c’était simplement des moyens d’expression insignifiants. Mais en réalité, ils pratiquaient réellement des rites d’exorcisme…

C’étaient des rites propres aux religions et croyances africaines. Cela existe toujours et cette atmosphère magico-religieuse, liée aux ancêtres africains, perdure toujours dans les sociétés caribéennes. 

Tous ces éléments expliquent pourquoi le carnaval à un caractère paillette, dérisoire mais aussi identitaire.

Carnaval de Guadeloupe (Mars 1990).
Crédit photo : hiveminer.com

 

Un des symboles de la culture guadeloupéenne

 

Le carnaval de Guadeloupe est vraiment l’évènement qui rassemble tous les Guadeloupéens, du nourrisson à la personne âgée.

Toute la population se mobilise durant 1 an pour préparer les nouvelles chorégraphies, les nouveaux déguisements que tout le monde attend avec impatience.

Chaque citoyen guadeloupéen se mobilise aux manifestations, car c’est vraiment des moments à partager entre amis et famille.

Ce qui signifie que même les commerces prévoient déjà à l’avance leurs fermetures pour vivre pleinement ces moments.

 

Morgane Thérésine, Miss Guadeloupe 2016, 3ème dauphine de Miss France 2017 ainsi que Miss World Guadeloupe 2018 lors du Carnaval de Guadeloupe, édition 2017. Crédit Photo : Nicky Mariette

 

Au sein de l’île, il existe plusieurs groupes de danse qui s’affrontent les jours de défilés.

Parmi eux, nous pouvons rappeler Akiyo, un des groupes les plus célèbres même en-dehors des frontières guadeloupéennes.

Ce groupe a été créé en 1988 et à ses débuts, il revendiquait les réalités sociales, économiques et culturelles de l’archipel.

Il avait un aspect beaucoup plus de revendicatif et de luttes sociales.

C’est pour ces raisons que le groupe s’est vu à de nombreuses reprises suspendu par les autorités locales.

Pour ma part, j’ai commencé à écouter ce groupe en 2009, l’année des grèves générales qui avaient paralysé les Antilles françaises. J’avais alors 13 ans et ils avaient sorti une chanson « la Gwadloup sé tan nou », un titre revendicateur et de soutien à la population locale face aux difficultés sociales et économiques de l’île.

Grèves sociales contre la vie chère en Guadeloupe, année 2009.
Émeutes de 1967, à Pointe-à-pitre. Des ouvriers réclamaient une augmentation de salaire. Ils ont été violemment réprimés par les forces de l’ordre, faisant plusieurs morts.

 

Il y a aussi Kasika une autre association culturelle de l’île. Il est célèbre pour ses cantiques de noël qui ont bercé mon enfance lors des fêtes de fin d’année. Ses membres ont commencé à défiler dans les parades depuis sa création en 1986. 

Toute l’île est en effervescence, mais ce sont généralement les villes de Basse-Terre et de Pointe-à-pitre qui accueillent les festivités les plus importantes avec notamment les célèbres concours (chants, danses, costumes, roi, reine).

 

Les jours gras

 

Le lundi gras, c’est le jour des mariages burlesques. Les femmes s’habillent en costard cravate et les hommes en robe de mariée.

Le mardi gras, c’est le jour des diables rouges.

Le mercredi des cendres, c’est le dernier jour de vie de Vaval… Puisque c’est lui qui porte en lui tous les péchés de l’année passée et de ses jours de carnaval, il doit être sacrifié, sous les regards de ses admirateurs. 

 

 Les anecdotes

 

La tradition veut qu’à chaque carrefour de l’île, les enfants arrêtent les automobilistes et leur demande de l’argent.

 

Infos utiles

 

Pratiquement toutes les îles de la Caraïbe ont leur propre carnaval. Et chaque île à ses propres traditions et spécifiques liés à la manifestation.

D’ailleurs, les carnavals caribéens se déroulent aujourd’hui en-dehors de leurs zones géographiques d’origine.

En effet, les ressortissants de ces îles (françaises, anglophones, hispaniques) ont importé et contribué à l’instauration de la manifestation dans leur pays d’accueil.

Ainsi, chaque année se déroule le carnaval de Notting Hill à Londres, le carnaval caribéen de Toronto, de New-York ou même encore de Paris !

Voici quelques photos du carnaval de Notting Hill (Londres) édition 2018 auquel mes cousines y ont assisté. 

Et quelques images de célébrités caribéennes qui ont participé aux carnavals caribéens

Rihanna au carnaval à la Barbade (2015)

 

Nicki Minaj au carnaval à Trinidad et Tobago (2012)

Infos pratiques

 

Si vous voulez vous rendre en Guadeloupe pour vivre le carnaval, prenez un billet d’avion et sautez dans le premier avion !

Au départ de paris, vous pouvez vous envoler avec plusieurs compagnies aériennes :

 

Air France

Air Caraïbes

Corsair

Air France-KLM

 

Vous pouvez être logé dans un hôtel, dans un bungalow, chez Airbnb ou chez l’habitant.

Durant la période carnavalesque, les circulations sont interrompues, mais pour se déplacer dans l’île, vaut mieux privilégier une voiture.

Il existe des transports en commun comme les bus, mais les horaires ne sont pas si étendus qu’en métropole.

Concernant la participation aux défilés, des groupes carnavalesques prêtent aux vacanciers et touristes, des tenues pour défiler. 

Vous pouvez retrouver des informations supplémentaires dans les liens suivants : 

http://www.lesilesdeguadeloupe.com/tourisme/fr-fr 

https://www.regionguadeloupe.fr/accueil/#_

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